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Le REF (Réflexe d’Éjection Fort)

Il était une fois… Le REF !

REF : Réflexe d’ Ejection Fort.
Trois petites lettres pour une grosse source de problèmes.
En résumé : bébé reçoit beaucoup de lait, très vite et en jets !

Le réflexe d’éjection est le mécanisme d’éjection du lait sous l’effet de l’ocytocine. 

Il peut être perçu de plusieurs manières :

  •  Par une sensation de picotements ou de fourmillements quelques secondes après le début de la tétée, cela peut parfois être très douloureux.
  •  On observe que bébé se met à téter plus lentement et à déglutir.

On constate que du lait perle au coin des lèvres de bébé.
C’est aussi lors du réflexe d’éjection que l’on ressent des contractions utérines, ce sont les fameuses tranchées post natales. Elles peuvent être désagréables. Cela peut également créer chez certaines mamans un fort sentiment de soif.

Il arrive que ce réflexe d’éjection soit fort, très fort, et incommode le bébé.
Les signes qui peuvent vous alerter :

  •  Au moment de la tétée, des fourmillements/picotements, plusieurs jets jaillissent de votre sein et peuvent traverser la pièce, cela peut être impressionnant.
  • Bébé s’étrangle en début de tétée, voire même s’étouffe. Il se cambre, pleure, rejette le sein.
  • Bébé a des coliques.
  • Bébé souffre de reflux.
  • Bébé fait plusieurs selles par jours, mousseuses, explosives, parfois vertes car il avale de l’air.
  •  Bébé a une forte prise de poids ou au contraire une faible prise de poids (s’il avale beaucoup d’air).
  •  Vous avez des crevasses ! On n’y pense pas toujours, mais le bébé peut « pincer » le mamelon pour tenter de gérer le flux ; cela peut être douloureux.

Les causes possibles du REF ne sont pas seulement l’hyperlactation mais peuvent être liées à la présence d’un frein restrictif. En effet, la langue de bébé essaie de compenser ce qui créer une aspiration trop forte et inefficace. Cela provoque donc une éjection plus forte.

Mais également lors de problèmes au niveau de la glande thyroïde.

Alors que certains bébés essaient malgré tout de s’accommoder du REF en tétant très fort, d’autres feront l’association douleur/tétée et préfèreront rejeter le sein.
Il faut savoir que ce n’est pas irréversible ! Beaucoup de bébés finissent par apprivoiser le REF en grandissant.

On peut toutefois essayer de pallier à ses difficultés dès le début.

Une fois que le REF est identifié, plusieurs actions peuvent être mises en place afin d’aider bébé et le soulager des désagréments que peut occasionner ce REF.

En premier lieu, il est nécessaire de détecter les signes du réflexe d’éjection du lait. Vous pourrez alors retirer le bébé du sein pour laisser sortir les plus gros jets dans un lange, une serviette ou un petit récipient. (Si vous gardez ce lait, il pourra être utilisé dans le bain ou pour des soins, mais pas pour nourrir votre bébé car il ne s’agira principalement que de “prélait”.)
Vous lui donnerez le sein quand les jets se seront calmés. Certains bébés savent patienter durant cette manoeuvre alors que d’autres se frustrent et s’énervent.
Durant la tétée, essayez de faire des pauses à bébé ainsi que des rots de manière relativement fréquente, cela afin de l’aider à évacuer l’air qu’il aura avalé.

Ensuite, il faut diminuer ou supprimer les « galactogènes », tels que tisanes, amandes, etc.
Pour assurer une production de lait suffisante pour leur bébé, certaines mères consomment des produits favorisant la lactation. Or, il semblerait qu’il y ait un lien entre REF et consommation de produits dits « galactogènes » ou « favorisant la lactation ».
Dans le cas de l’usage de coquilles d’allaitement, il est judicieux de les supprimer. Celles-ci exercent une stimulation passive qui peut également amplifier le REF. Il est également bon de veiller à sa consommation de lipides. Un apport faible en lipides entraine une hausse de la production lactée ce qui majore le REF.

Aussi, tirer/exprimer un peu de lait en amont de la tétée peut être utile. En effet, on a souvent constaté une corrélation entre seins « tendus » et force du réflexe d’éjection ; autrement dit, plus le sein est tendu, plus le REF peut être conséquent !
Pour le sein à vider, on peut notamment le faire sous la douche ou au dessus un bol d’eau chaude ; la chaleur facilite l’écoulement du trop plein.
Idéalement, on évite d’utiliser le tire-lait car cela peut sur-stimuler la lactation et c’est l’inverse de ce que l’on souhaite.

Un allaitement dit « en bloc » peut aider. Cela signifie d’allaiter du même sein plusieurs heures d’affilées, soit de 4, 6, voire même 12 heures pour certaines ; ceci tout en soulageant l’autre sein manuellement (ou avec un tire-lait) afin d’éviter l’engorgement.
Cette technique est aussi appréciée des mères qui ont une hyper lactation en parallèle, elle permet de diminuer la production très/trop conséquente. Attention cette technique est à mettre en place uniquement en cas d’hyperlactation avérée. Par exemple : donner le sein gauche sur 6 heures et, dans le même laps de temps, faire de l’expression manuelle pour vider le sein non tété. Pour utiliser le tire-lait, il faut attendre que la lactation soit bien en place, soit environ les 6 semaines de bébé (sauf situation exceptionnelle, prématurité, etc.).

Puis, passer à un allaitement dit « à l’offre ». Cela veut dire que l’on propose le sein à bébé dans des moments d’éveil/semi éveil, temps où il est plus calme. Généralement, durant ces périodes, le bébé tète plus sereinement et semble mieux gérer le REF.
D’ailleurs, il est souvent constaté que les tétées nocturnes sont plus paisibles que les tétées diurnes.

Les positions d’allaitement peuvent également contribuer à atténuer le REF.
La position « biological nurturing » (mère inclinée en arrière et bébé en position ventrale), tout comme la position allongée sur le côté (aussi appelée position du foetus), va permettre à bébé d’utiliser la gravité pour laisser le surplus de lait s’écouler par la commissure de ses lèvres.
Ces positions sont plus confortables pour la mère puisque son corps est relâché et soutenu, mais aussi pour le bébé puisqu’il a ainsi un étroit rapport avec sa maman et ses réflexes, ses comportements innés resurgissent.
Le portage, en position debout, avec la bouche de bébé légèrement au dessus du mamelon de sa mère, va encore une fois lui permettre d’utiliser la gravité pour laisser s’échapper le trop plein.
Enfin dans certains cas, il est possible d’observer une diminution du réflexe d’éjection de la mère lorsque celle-ci réduit ses apports laitiers, qui, jusqu’alors, étaient trop importants.

Sources:
The effects of an overactive let-down reflex . F Andrusiak, M Larose-Kuzenko.
Lactation Consultant Series. Lactation Dep, LLL Int, 1987.
Expériences d’animatrices concernant le réflexe d’éjection trop fort . N Bellot, MP, Fredai gues. 1994.
Le réflexe d’éjection violent : comment le détecter et l’atténuer. D Elkhoury.
La Berceuse ,sept 1990.
Overactive let-down : consequences & treatments. M Jozwiak. Leaven , sept-oct 1995.

Karine Lafargue