Témoignages/Interviews

Mon Babi, cet enfant que je n’attendais pas 

Un B.A.B.I est ce que l’on appelle un Bébé Aux Besoins Intenses. Il peut se révéler très tôt, il n’y a pas de moyenne, même s’il y a eu un certain “recensement”, beaucoup de témoignages, démontrent que parfois cela se cache derrière une suspicion de reflux gastro-oesophagien entre autre. Car la logique humaine fait que l’on pense, d’abord, à un souci médical pour finalement laisser une place royale à un mythe :  il va être habitué au bras, et si maman allaite, alors, son lait n’est pas nourrissant.

Les caractéristiques globales de ces bébés : Ils n’aiment pas être en écharpe, montrent vite de l’ennui, ils sont hypersensibles au bruit, à la lumière, aux stimulis.  Ils dorment peu, ou quasiment pas. Ils ont un grand besoin d’attention, de bras, et de tétées calins. Ils refusent d’être posé, car ils se sentent abandonnés et pleurent beaucoup plus. Parfois, malgré un maternage intensif, ils ne s’arrêtent pas, au grand désespoir des parents, qui se sentent définitivement, incapables, à tord.

Alors que c’est à ce moment qu’on a besoin de soutien, l’entourage, malgré lui, arrive à grand coup de :

Cet enfant a faim, pourquoi t’acharner à l’allaiter ? Et d’ailleurs, il faut l’habituer à ne pas être dans les bras, il deviendra capricieux”. Et c’est à ce moment-là que tout s’écroule.

Ces proches n’imaginent pas ce que vous traversez. Ils pensent bien faire, élevés à “l’ancienne”, certains pensent même vous secouer pour mettre un terme à votre maternage pour “dresser” l’enfant.

Surtout que, ça continue, empire, il ne pleure pas, il hurle, comme s’il était à l’agonie. Vous passez par tout un cheminement, et remise en question sur vos aptitudes. “Suis-je une mauvaise mère, ai-je assez de lait ? Mes proches ont raisons, je sois sevrer”. Et papa qui tourne en rond tel un lion en cage qui se sent, au moins, autant inutile que vous.

Mais, Maman, Papa, l’unique solution, est d’accompagner votre bébé, votre fort intérieur vous guide, ayez confiance.

Ce n’est pas le bébé que nous attendions, mais pourquoi moi, nous ? Pourquoi est-il aussi mal, que fait-on de mal ? Et bien, rien. Vous n’y pouvez rien. Le parent parfait n’existe pas. Où alors si je dois en donner la définition, ce sera celui qui fait du mieux qu’il peut et qui se remet en question. Parfois on se sent désarmé et tellement nul, mais nous n’avons plus le recul nécessaire.

On passe alors, par l’incompréhension, la crainte d’une maladie, la perte de confiance, puis arrive l’heure où l’on se résoud. Mais vous résoudre par obligation n’est pas la seule option, vous résoudre en vous disant que votre enfant est né ainsi,  il reste votre bébé. Il est plus en demande, c’est difficile, mais l’acceptation, est la phase numéro 1 vers un avenir meilleur :

Prenons l’équation dans l’autre sens :

Bébé arrive, il est beau, on s’imaginait une bonheur sans faille, en tout cas, pas de suite.

Mais lui ? Il “atterri” après 9 mois dans le ventre de sa mère. Il ne comprend pas. On le prend, on le manipule, c’est nouveau, effrayant. Pour un B.A.B.I, tout est alors décuplé. Et si nous commençons par cela ? Se mettre à sa place ? Il n’a rien demandé, il ne comprend pas. Il se sent juste mal et à un grand besoin de vous. En se transposant à lui, vous avez toutes les chances d’y arriver, de comprendre, de l’accompagner, pour en faire l’être génial qu’il sera demain. Heureux, apaisé.

Il est l’heure de l’accepter tel qu’il est , avec ses peurs, son stress, en l’accompagnant. Voilà, la clé, sa clé. Répondre à ses besoins, c’est lui promettre la sécurité affective. Ne laissez jamais pleurer un enfant.

Vous n’en avez pas conscience mais il est en train de construire son avenir. Le réconfort que vous lui apportez est vital pour lui. Grâce à votre perception de ses multiples demandes, vous lui construisez une confiance intérieure puissante, pour le monde qu’il affrontera demain.

Oui certains bébés, que l’on laisse pleurer, finissent par cesser. Parce qu’il sont résolus, à ce monstrueux sentiment d’abandon. Là, est le danger.

Une chose à la fois, un jour à la fois. Vous en êtes capable, mais vous l’ignorez encore.

Barricadez-vous des remarques blessantes, bébé est dans sa bulle, allez-y avec lui. J’ai décidé de donner un caractère très personnel à cet article, qui me tient particulièrement à coeur afin de tenter, de vous indiquer, le chemin que j’ai pris. Je n’ai pas la prétention de dire que c’est LA méthode, car il n’y en a pas vraiment une pareille.

Rédigé par Salma Cousyn

 

Lettre ouverte à mon Babi, Noham

“Mon bébé, tu es né en Septembre, j’ai pensé échapper à la césarienne, cette fois. C’était sans compter tes 4 kilos d’amour. Nous avons vécu cela comme nous avons pu. Tu n’étais pas sorti que je pensais peau à peau, tétée. Notre rencontre a tardé, mais je ne me suis pas démontée.

Tu étais si beau ! Apaisé, les yeux ouvert, première tétée, le bonheur. Le lendemain, tu as commencé tes pleurs, progressivement, l’équipe a voulu te compléter, je t’ai gardé au sein et demandé à ce que l’on me dépique de la morphine de manière précoce. Les bébés pleurent, donc je ne m’inquiétais pas plus que cela. J’ai persévéré et t’ai gardé contre moi, et tu tétais. Le mois suivant, tu avais ta première corticothérapie pour tes petites cordes vocales, tu pleurais, tu hurlais…

J’ai fait un million d’examens médicaux, pris un abonnement chez l’ostéopathe, qui me disait ton estomac ceci, tes intestins cela… ça te faisait du bien, mais une heure plus tard, nous repartions dans les pleurs.

Ton grand frère de 7 ans à l’époque, me disait : “maman prend le il veut surement téter, maman, j’ai mal, car il a mal. Pourquoi pleure-t-il toujours ? Pourquoi tu ne manges plus ? ne te laves plus ? C’est comme ça un petit frère ? Je voulais tellement qu’on soit heureux mais lui est si malheureux, ai-je fait quelque chose ? Est-ce ma faute ?”. A mon grand désespoir, je me retrouvais non pas avec un, mais deux enfants malheureux. J’avais déjà entendu le terme BABI. Mais je n’y ai pas franchement pensé. Papy, Mamie me disaient que c’était parce que je donnais mon lait au lactarium, alors toi, tu  n’avais plus assez, d’après eux. (Alors que c’est tout à fait le contraire, étant donné, tu avais des freins linguale et labiale, et que si je n’avait pas tiré mon lait on courait à la catastrophe). J’ai alors cessé un mois, ça n’a rien changé. Tu pleurais, encore et toujours plus fort. Un soir, je t’ai donné 150 ml de mon lait après une tétée, ça n’a rien changé non plus. Dès que je te posais, tu hurlais. Je te récupèrais rapidement mais, tu restais dans ton angoisse. Je t’ai emmailloté, bercé, tellement fort parfois…tu trouvais un peu le sommeil ainsi…. Je me tenais debout ton dos contre mon coeur, et on se balançait debout, des heures durant. Le troisième mois, j’ai investi dans une balancelle, plusieurs tapis d’éveils, j’ai acheté tout ce qui existait, pour t’occuper le temps d’effectuer des taches domestiques trop dangereuses pour te garder à bras. L’écharpe de portage tu l’a rejeté, la famille, tu les rejetais. Tu ne dormais jamais. Et là, j’ai cru que je n’y arriverai, peut-être pas. Je me suis mis en tête que nous allions gérer, un jour à la fois pour “tenir”. Je me suis dit, que je profiterais de tes rares moment d’éveil calme, de gazouillis. Et c’est ainsi que l’on s’est apprivoisé. Ton grand frère lui avait le droit à beaucoup de sourires, c’était fantastique. Puis un matin, on s’est mis en route pour une nouvelle journée, je t’ai posé dans ta chaise haute, tu avais alors 6 mois. A peine posé, tu t’es mis à hurler. Je t’ai regardé, je t’ai de nouveau expliqué que je devais faire le petit déjeuner de ton frère. En me redressant, je me suis arrêtée dans mon élan, pour revenir, à toi, et j’ai compris, au moment même où je te l’ai dit “ mon amour de bébé, maman sait que tu as de la peine, j’ai mal avec toi. Tu n’es pas comme les autres, tu as un grand besoin, maman est là, maman comprend, maman t’aime et ne t’abandonnera jamais”. A ce moment précis, tu t’es arrêté d’hurler.  J’ai été choquée ? Mais tu as compris ? Bien sûr que tu as compris. Tu as compris, que je t’acceptais, tel que tu étais. Je ne t’imaginais pas comme cela. Ni toi, ni le quotidien. Même si le pédiatre a cru qu’un jour je ferai une bétise, faute de sommeil, de repos, de paix, mais je t’ai toujours aimé. Mon coeur a saigné à chacun de tes chagrins. Mais c’est ainsi. Tu es mon bébé, et tu es un BABI. J’ai appris à t’aimer de manière différente, voir même plus intense. Et oui, nous y arriverons, mon fils…

Suis-je devenue une maman intense ? Non, nous le sommes toutes. Simplement mon erreur est d’avoir cherché à te mettre dans une case, alors que la tienne n’existe pas. Aucune n’existe, vous êtes tous unique. C’est à nous de vous accueillir, et de combler vos besoins, aussi grands soient-ils. Suis-je wonder maman ? Non, j’en ai eu marre, j’ai beaucoup pleuré en silence, j’ai refoulé ce sentiments  d’injustice en voyant les autres si paisibles… J’espère simplement, avoir été, au moins une fois, à la hauteur, de ton mal, mon amour.

Aujourd’hui, tu as plus de trois ans. J’ai pu t’apprendre à dormir, grâce à l’allaitement ce fût plus simple.Tu à commencé à apprécier l’écharppe.Tu gères tes émotions, doucement, à ta façon. Nous avons trouvé un équilibre, depuis “l’acceptation”. Ton grand frère s’est apaisé aussi, voyant maman “gérer” et surtout, avancer. Tu es merveilleux, tu reste différent, mais tu es un filou ! Tu sais parfaitement t’exprimer. Je t’encourage dans ta perpétuelle évolution et je suis fière de toi, de ce que tu deviens. Quand je pense à toutes ces nuits, trajets en poussette, en voiture remplis de hurlement, nous revenons de loin. Je n’ai aucun regret, si ce n’est de ne pas t’avoir accepté plus tôt, tel que tu étais : « Un enfant sans sa case”.« Je n’ai jamais cédé à la panique, même si, à ce jour, j’ignore encore comment nous avons traversé tout cela. Je pense que c’est dû, en partie, au fait que ce ne soit pas mon premier enfant. L’allaitement maternel à sans aucun doute une énorme place dans cette « victoire ». Le mettre au sein l’appaisait tellement. Sachez, parents, que c’est naturel, d’avoir ce sentiment d’être dépassé, dans ce cas, demandez de l’aide. Nous sommes des humains et non des machines, mais ayez aussi confiance en vous, dans votre ressenti de parent, vous êtes l’expert de votre bébé.

En espérant que cela vous aidera dans cette parentalité inattendue. Inattendu ne rime pas avec impossible.                 

Par Salma

       Une maman comme beaucoup d’autres… »

Droits réservés à l’Allaitement Tout Un Art

Interview de Marie-Line Perarnaud, sage femme à domicile

Salma : Bonjour Marie-Line Perarnaud. Vous êtes mère de 5 enfants allaités, infirmière, Sage-femme. Créatrice de l’Observatoire de la Violence Obstétricale. Animatrice de la page FB : La Révolution des Roses – France #StopObstetricViolence. Co-fondatrice de la Maison de Naissance extra hospitalière de Pau. Co fondatrice du Syndicat National des Sages-Femmes pour l’Accouchement à domicile, Les Femmes Sages. Formatrice en Naissance Éducation Santé. Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Marie-Line Perarnaud : Je suis diplômée de l’école de Sages-Femmes de Bordeaux. Avant cela, j’étais infirmière. J’ai découvert l’association des sages-femmes libérales pendant mes études (l’ANSFL). Elle n’était constituée que de sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile (AAD). Quand j’ai vu la pratique de la présidente de l’époque, j’ai compris que j’accoucherai à la maison et que c’était ça que je voulais faire. J’ai travaillé à l’hôpital de Pau comme sage-femme salariée, tout en accouchant de mes quatre enfants à domicile et j’ai participé aux premières réunions de l’ANSFL. J’ai quitté l’ANSFL quand elle s’est élargie à toutes les sages-femmes en libéral, car j’avais besoin d’être avec des SF qui pratiquent l’AAD pour me sentir en sécurité. La sage-femme qui m’a accouchée m’a encouragée à reprendre sa patientèle. Ca s’est décidé très vite. J’ai donné ma démission pour reprendre la suite, puis je me suis installée en libéral en 1993. 

En 1999, une procédure pénale a commencé. Vous avez été la première sage-femme française à être radiée ?

Non, une sage-femme prénommée Marceline a été radiée avant moi. Mais je ne connais pas son histoire. Je serais la deuxième. C’est peu commun d’interdire à une sage-femme d’exercer, que vous a-t-il été reproché ? Lors d’une naissance à domicile, le bébé est venu mort-né. Son grand-père maternel était décédé pendant la grossesse. Dans ce contexte déjà sensible, la grand-mère, avocate et opposée à l’AAD, a interpellé le procureur pour qu’une procédure pénale débute. Bien que toutes les preuves aient disparu (examens du laboratoire, dossier médical de l’hôpital, mon suivi de grossesse), la procédure a eu lieu, se terminant par une double relaxe en 2003.

Le Conseil de l’Ordre Départemental a commencé à constituer un dossier et a rejoint la plainte de la famille. J’ai été jugée 10 ans après les faits (en 2010), ce qui constitue un délai déraisonnable : devant un tribunal administratif, le délai raisonnable est de 4 ans maximum. J’ai été radiée en l’absence de tout dossier médical, sans aucune preuve, il n’y avait que ma parole ! La Chambre disciplinaire régionale m’a reproché de ne pas effectuer l’AAD « dans des conditions optimales de sécurité » et « dans le respect des obligations législatives et réglementaires qui s’imposent aux sages-femmes ». Or, le tribunal pénal avait précisé « qu’aucune loi ni règlement particulier n’existaient en matière d’AAD… ». Devant la Chambre disciplinaire Nationale, je serai à nouveau radiée pour « avoir persisté à pratiquer les aad sans prendre en compte les exigences de sécurité édictées par la « Charte de l’accouchement à domicile » publiée par l’Association Nationale des Sages-Femmes libérales ». Or, les chartes ou recommandations de bonnes pratiques n’ont pas valeur de loi et il n’est pas dans les compétences d’une assemblée disciplinaire de choisir quels sont les textes définissant le cadre de bonnes pratiques. Le deuxième motif de la radiation porte sur l’absence d’assurance au jour de l’audience alors qu’au moment des faits en 1999, j’étais assurée ! Quand je prépare un accouchement à domicile, je réalise un suivi très pointilleux pour évaluer les facteurs de risque.

Ce décès aurait-il pu être évité ? Y aurait-il eu une meilleure prise en charge en maternité ?

Il faut savoir être professionnelle, savoir refuser l’AAD, renvoyer vers la maternité en cas de problème, s’il y a trop de stress. Le stress, c’est une contre-indication à l’AAD.

Le stress a certainement impacté cette naissance, la situation familiale y contribuant. Ainsi, le champ disciplinaire pose un problème d’égalité devant la justice par les irrégularités de procédure, en traitant les dossiers à charge par exemple ou en dénaturant les faits sans procéder à la vérification des pièces. Il échappe à tous les règlements par violation du droit d’accès à un tribunal indépendant et impartial, par l’absence de magistrats professionnels lors des appels. L’organisation même des chambres disciplinaires constitue aussi un défaut d’indépendance et d’impartialité.

Il n’y a ainsi aucune règle : les sages-femmes des chambres disciplinaires peuvent accuser une collègue sans preuve. Je milite pour sa dissolution, car son fonctionnement est illégal. Je me suis présentée jusqu’au Conseil d’Etat puis le Conseil Constitutionnel, j’ai épuisé toutes les voies de recours françaises. Nous avons tenté une audience européenne en vain. Karine Lefebvre, Krista Guilliams et Yamina Guendouze ont échoué aussi devant la Cour des Droits de l’Homme. Or, ici encore il y a eu des irrégularités : habituellement, les dossiers sont traités avec un an de délai.

Or, nous, nous avons été déboutées en moins de 2 mois, trois semaines dans mon cas ! Ce délai lui-même est hors norme. A la Cour des Droits de l’Homme, chaque juge représente son pays. Mais la France et l’Allemagne ont décidé de restreindre l’AAD. Les montants d’assurance ont augmenté tant en Allemagne qu’en France. Beaucoup de sages-femmes ont dû fermer leur cabinet car elles ne pouvaient plus payer l’assurance. Françoise Servent a échappé à la radiation mais a reçu une sanction avec sursis.

D’autres sages-femmes sont-elles aujourd’hui radiées ?

Oui, encore aujourd’hui, les procédures se poursuivent : le Conseil de l’Ordre prolonge même les poursuites devant d’autres tribunaux comme le tribunal administratif de la Sécurité Sociale, ou jusqu’à l’étranger en Suisse par exemple, ce qui a été le cas d’ Elisabeth Lathuille.

Zohreh Pédaran en Bretagne n’a plus le droit de pratiquer des accouchements à domicile. Elle a été la première à subir l’application du nouveau décret de 2014 qui donne au Conseil de l’Ordre le droit de contrôler « l’insuffisance professionnelle des sages-femmes et leur dangerosité ». Selon le jugement, sa pratique doit être vérifiée par des experts. Ces experts lui ont demandé d’aller faire des heures de stage dans des cabinets pour suivre des sages-femmes qui exercent en Prado, en rééducation. C’est un passage humiliant, mais elle peut continuer à pratiquer, à gagner sa vie. Elle a pu échapper à la radiation grâce à des éléments de la plaidoirie de l’avocate hongroise en faveur d’une sage-femme interdite d’exercer en Hongrie, Agnès Gereb.

Ces éléments portaient sur les droits humains des femmes enceintes à « décider où, comment et avec qui elles accouchent » (CEDH, affaire Ternovsky). En juin 2017, Isabelle Koenig, poursuivie, n’a pas été radiée par la Chambre Disciplinaires de Paris : parmi les sages-femmes présentes ce jour là, une majorité pratiquaient les AAD ou y étaient favorables.

Nous dépendons des opinions des membres du conseil. Un vrai jugement ne doit pas être fonction des opinions, mais de règles, de lois. Par ailleurs, on ne trouve aucune échelle de valeur dans l’application des sanctions. De plus, les chambres disciplinaires traitent toutes les affaires sans distinction qu’il s’agisse de vol ou de consommation de morphiniques, ces exemples relevant des tribunaux pénaux. Les collègues en faveur du maintien des chambres disciplinaires affirment que la présence du juge administratif lors des audiences garantit la légalité des procédures. Mais ces juges observent juste si le déroulement des audiences est conforme à la description faite dans le code de la Santé. A l’audience en Appel de Carine Lefebvre au mois de juin 2018, ce n’est pas le juge qui a décidé. Il y avait trois sages-femmes avec le juge. Ils ont voté à main levée.

Le juge n’a donc pas de voie prédominante ! Par le jeu de la majorité, ce sont les sages-femmes qui prennent les décisions. Au pénal, c’est le juge qui décide en respectant le code, au vu des preuves, etc. Pour la petite histoire des chambres disciplinaires, elles ont été créées en 1930 pour réguler les sages-femmes et les médecins qui ne se comportaient pas bien moralement. On a créé dans la foulée le Conseil de l’Ordre, mais ce système est complètement illégal au regard des droits de la défense.

Outre la radiation qui est une sanction extrême, y a-t-il d’autres freins à l’encontre des sages-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile ?

L’assurance a augmenté très rapidement. On est passé de 395 €/an à 16 000 € pour la même compagnie. Cela n’a jamais été notifié et je n’ai eu aucune explication à cette soudaine augmentation. Les détracteurs de l’AAD ont saisi ce levier. En Angleterre, les sages-femmes paient 3600 £ d’assurance + 1000 £ par accouchement. Cela revient en fait au même tarif français.

Pourquoi d’après vous l’Etat français reste fermé à la pratique de l’AAD ?

Les enjeux sont énormes. Il y a en France chaque année autour de 800 000 naissances, plus de 88 % d’entre elles sont médicalisées.

Multipliez cela par le prix des tubulures et autres médicaments nécessaires pour les déclenchements, césariennes, péridurales (qui représentent encore les trois quarts des naissances) … Ce serait un gros manque à gagner si davantage de familles choisissent un libre accouchement en dehors de cette chimie. L’Etat a fait le choix de soutenir l’industrie pharmaceutique pour leurs emplois et leurs bénéfices au détriment d’une certaine qualité de naissance et surtout au détriment des droits humains des femmes. Certains vont jusqu’à penser qu’il y a derrière le rejet de l’accouchement à domicile une pression des nanotechnologies pour la pose de puces électroniques chez les bébés. Ces puces permettraient de suivre les individus, leur santé… Des tests dermatologiques ont été menés à l’école d’ingénieur de Montpellier. C’est une affaire d’argent. Les Etats-Unis sont le premier pays en terme de dépenses de santé et pourtant la mortalité maternelle est en hausse. Le marché des naissances est dénoncé mais cela reste un point sensible. Le problème avec l’AAD est mondial : toujours régulièrement attaquées, les sages-femmes ont déjà vu leur maison brûler comme aux Etats-Unis ou être emprisonnées la nuit avec autorisation de sortir le jour pour travailler dans leur cabinet ! En Europe, le cas d’Agnès Gereb est également connu par sa condamnation à 2 ans de prison.

Vous avez écrit un livre : “Persécution des Sages-Femmes pratiquant les accouchements à domicile en France : “Persécution”, le terme est un peu fort, non ?

Ce terme est celui employé par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2010 dans le dossier Ternovsky. Ce même jugement met en exergue que « la persécution envers les sages-femmes qui aident les femmes à donner naissance hors des centres hospitaliers constitue une violation des droits des femmes enceintes ». Les cours de justice choisissaient leurs termes avec précision et réflexion : la persécution est réelle : les procédures sont abusives et violentes, les radiations nous détruisent socialement et moralement : elles nous rendent malades et nous plongent dans la précarité financière, les sages-femmes libérales n’ayant pas droit au chômage.

Elles affectent également tous les membres de la famille. Il s’agit une réelle injustice pour nous mais aussi pour les parents. Beaucoup de sages-femmes ont peur du Conseil de l’Ordre, beaucoup nous soutiennent sans oser en parler car elles sont terrorisées sans se l’avouer à elles-mêmes. Je comprends ce silence mais de ce fait, nous n’avançons pas. Au contraire, le système profite de ce silence pour continuer notre éradication. 

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En 2018, certaines femmes choisissent de ne pas accoucher à l’hôpital. Pourquoi ?

Les petites maternités ferment. Par restriction du personnel, les femmes sont victimes de violences gynécologiques et obstétricales. C’est un problème sanitaire en même temps qu’une atteinte aux droits humains des femmes. Les femmes n’ont plus confiance dans ce système. On voit partout un retour au naturel et à la liberté avec l’augmentation des accouchements non assistés. Récupérer son accouchement fait partie de ce processus.

Aujourd’hui, ce droit semble remis en cause Les sages femmes qui font le suivi de la grossesse sont encouragées à “éduquer” les parents à accoucher à l’hôpital. Dans le rendu de jugement de Carine Lefebvre, la chambre disciplinaire lui reproche d’avoir laissé la maîtrise de la situation à la plaignante”. En réalité, on ne présente même pas les options aux parents : ils devraient pouvoir choisir en toute connaissance de cause. Or, les sages-femmes qui sont visées par les chambres disciplinaires sont celles-là mêmes qui laissent aux parents le droit d’exercer leur libre-arbitre.

Quel message aux femmes qui souhaiteraient accoucher chez elles à l’avenir ?

Revendiquer l’accouchement à domicile comme relevant du droit privé, pointer les violences dont elles sont victimes, asseoir leur projet de naissance, récupérer leur droit de choix en qualité de parent, le droit de dire non au monopole de l’hôpital dans le domaine de la naissance.

Merci à Marie-Line de nous avoir ouvert son coeur, meurtri de ne plus pouvoir exercer librement.

Interview réalisé durant l’été 2018, par Salma Cousyn et Amandine Muller 

Touts droits réservés

Des jumelles Lact’aidantes ce n’est pas courant, une famille au sein d’une autre grande famille associative pour aider les mamans. Deux métiers identiques, 2 bébés de 17 et 15 mois, 2 allaitements qui semblait l’évidence et 2 engagements à l’unisson, découvrons vite qui elles sont :

  • En quelques mots qui êtes vous?  (Profession, âge, combien d’enfants… etc)
  • L’allaitement était il un désir ancré, un projet ou c’est arrivé en… allaitant?
  • Pourquoi êtes vous entrés dans l’association et initialement souhaitiez vous le faire ensemble ?
  • Que vous apporte votre rôle de Lact’aidante, quel est votre ressenti?

Sophie :

  1. Bonjour, Sophie, 33 ans, orthophoniste en libérale en Seine et Marne dans le 77.  Je suis l’heureuse maman d’une petite fille de 17 mois, Chloé, allaitée depuis sa naissance. J’ai une sœur jumelle, Delphine, qui allaite également son bébé de 15 mois. Je suis passionnée de lecture et de pâtisserie.
  2. L’allaitement était un désir ancré depuis de nombreuses années, surement depuis mes études d’orthophonie où j’ai compris son importance pour bébé et maman, à tout point de vue. C’est devenu un projet qui me tenait très à cœur, j’ai beaucoup lu et j’ai rencontré une consultants en lactation (IBCLC) avant d’accoucher, pour me rassurer. Dans mon entourage, en dehors de ma de ma sœur, les mamans allaitantes sont très rares et les mises en garde concernant l’allaitement (idées reçues et mythes le plus souvent) sont très nombreuses. Mon allaitement s’est mis en place en douceur, entre portage, peau à peau et cododo ! Une merveilleuse aventure qui continue aujourd’hui. 
  3. J’ai souhaité rentrée dans l’association afin de lutter contre la désinformation et accompagner d’autres mamans dans leur projet d’allaitement. Au départ, ma sœur et moi ne souhaitions pas forcément le faire au même moment mais finalement, c’est ce qui s’est passé et ça ne m’étonne pas! 
  4. Être lact’aidante est un enrichissement humain et cela m’apporte beaucoup en tant que maman allaitante. Je partage mes expériences, mes réussites mais aussi mes doutes et mes ratés. En tant que professionnelle de santé formée en oralité, faire partie de cette association est complémentaire avec ma pratique, c’est très moteur. Je suis en formation continue, les connaissances des lact’aidantes sont impressionnantes ! ATUA c’est beaucoup de bienveillance et d’empathie, ça fait du bien ! 

Delphine : 

  1. Je m’appelle Delphine, j’ai 33 ans ans, lact’aidante à Paris. Je suis mariée et l’heureuse maman d’un adorable petit garçon de 15 mois, Dimitri, que j’allaite toujours. Je suis également une orthophoniste passionnée par mon métier. Et j’ai la chance d’avoir une merveilleuse soeur jumelle, Sophie, qui est aussi devenue lact’aidante !
  2. L’allaitement m’a paru une évidence en tombant enceinte et mon mari trouvait aussi que c’était naturel. J’ai pu accoucher dans une maison de naissance de manière physiologique et j’ai été très bien entourée en y voyant des mamans se rencontrer, discuter, allaiter quand elles le désiraient.
  3. L’allaitement a été difficile au début car j’ai eu des crevasses, j’ai eu la chance d’être accompagnée par ma sage-femme et par une consultante en lactation Ibclc donc je me suis rendue compte que le soutien et l’information sont absolument nécessaires pour mettre en place un allaitement serein. J’ai voulu soutenir d’autres mamans et c’est une collègue orthophoniste, Audrey (Lact’aidante Isère) qui m’a fait connaître notre superbe association donc par le bouche à oreilles.
  4. Mon rôle de lact’aidante : ça me remplit de joie tout simplement. Aider une maman et son bébé, savoir que leur allaitement se met en place, se poursuit ou prend fin sereinement me rend heureuse. Soutenir la cause de l’allaitement est important pour moi car c’est soutenir ce qui me semble le mieux pour les bébés. Je trouve extrêmement triste que la société actuelle ne permette pas aux mamans de faire ce choix sereinement avec des reprises de travail souvent beaucoup trop tôt. Mais bref, j’essaye d’accompagner au mieux les mamans avec mes supers consoeurs lact’aidantes.

 

– Peux tu te présenter ?
Je m’appelle Louise et je suis la maman de 3 enfants, dont Paul, né le 19 octobre 2020. J’avais un profond désir d’allaiter mon bébé, notamment en raison de mes deux précédents allaitements «ratés», surtout à cause d’un manque d’accompagnement. Pendant ma grossesse, je me suis donc renseignée à fond sur l’allaitement par des lectures, l’écoute de podcasts et des échanges avec des mamans allaitantes. Je me suis aussi entourée de professionnelles qui pourraient m’aider en cas de problème, chacune ayant sa spécialité! Une consultante en lactation IBCLC, une sage-femme pro-allaitement, une chiropractrice formée aux freins buccaux restrictifs, … J’avais tous les numéros prêts 😉
 
– Pourquoi es tu venue sur notre groupe chercher de l’aide ?
Je suis venue sur le groupe afin d’avoir un soutien pour me lancer dans une relactation et remettre mon bébé au sein après plusieurs semaines de sevrage, soutien que je n’ai pas eu ailleurs. Je n’avais pas prévu cette situation dans ma préparation 😉.
À la naissance de mon bébé, j’étais donc bien préparée et j’ai tout de suite compris que «quelque chose» n’allait pas : il n’ouvrait presque pas la bouche, sa langue restait très en retrait dans sa bouche et il fatiguait très vite au sein. J’ai donc contacté la chiro qui nous a donné rdv pour la semaine suivante. Entre temps j’ai vécu ma montée de lait à la maison et les douleurs ont commencé à ce moment. D’abord de simples gerçures que de la lanoline suffisait à soulager, ce sont des crevasses qui se sont peu à peu installées, que j’ai gardées longtemps sous contrôle avec des compresses de mon lait entourées de film transparent et changées à chaque tétée. Chaque tétée est devenue une lutte et une souffrance. Lors du rdv chiro, le verdict est tombé : des freins de langue et de lèvre restrictifs, qui créent de lourdes tensions chez mon bébé et l’empêchent de bien téter. Au lieu d’ouvrir grand la bouche et d’aspirer le mamelon et l’aréole, il attrape seulement le bout du mamelon et le pince pour ne pas le lâcher. Sa langue manquant de mobilité, au lieu de faire un mouvement de vague, elle râpe au bout de mon mamelon. Ce qui explique la douleur (mon mamelon ressort très pincé et biseauté) et les crevasses. La chiro ne conseille pas tout de suite une frénectomie car il faut d’abord s’occuper des tensions et nous habituer, lui et moi, à faire les exercices pré et post-op. Ça prendra 5 semaines.
Au bout de quelques jours supplémentaires, la douleur est trop forte et après une consultation avec ma consultante IBCLC, j’essaie des bouts de sein qui me permettent d’avoir quelques tétées sans douleur le soir-même. Mais la nuit est catastrophique, et mon bébé perd du poids, plus de 100gr pendant 2 jours d’affilée (donc presque 250gr en 2 jours). A bout de fatigue, et de détresse, j’ai sevré mon bébé du jour au lendemain. Il a donc été nourri au biberon de lait en poudre. J’ai tiré un peu mon lait le temps du sevrage mais je ne le lui ai même pas donné, je ne voulais pas de tire-allaitement, je voulais surtout terminer cette histoire.
Et puis le temps a passé. La douleur est partie, les crevasses ont cicatrisé, j’ai dormi et une idée un peu folle a germé en moi au bout de 2 semaines : et si je remettais mon bébé au sein, que se passerait-il? Serait-il possible de relancer ma lactation? J’avais encore du lait et mon bébé cherchait le sein, et même tétait parfois (mais à la moindre tétée, les douleurs reviennent très vite).
J’ai donc contacté mon réseau pour mettre en place mon équipe de soutien. Mais je ne l’ai pas vraiment trouvée. Ma sage-femme m’a même dit que je m’acharnais et a refusé tout net de me montrer comment utiliser un DAL (pourtant nécessaire pour supprimer le biberon et tout risque de confusion sein/tétine…).
Un ami m’a recommandée Perle, de l’association L’Allaitement Tout Un Art.
 
– En quoi t’avons-nous aidé ?
Je me rappelle qu’à ma prise de contact avec Perle, non seulement elle m’a dit qu’une relactation était tout à fait possible, mais encore que j’allais y arriver, et que je ne serai pas seule. Et c’est exactement le genre de soutien dont j’avais besoin. Petit à petit, Perle m’a accompagnée dans la relactation, sans me brusquer, mais tantôt en m’encourageant, tantôt en me motivant ou validant ce que je faisais déjà.
J’ai mis du temps à «me lancer», et j’ai attendu que la frénectomie de mon bébé soit réalisée, à ses 7 semaines. Perle a été patiente et ne m’a pas brusquée ni fait culpabiliser de «tarder» à tirer mon lait et mettre mon bébé au sein. Pour que la relactation réussisse, il fallait que j’ai du lait, que son problème de succion soit traité, qu’il réapprenne à téter, et bien sûr qu’il veuille téter après plus d’un mois de biberon… J’ai ressenti le besoin de d’abord m’occuper des freins de mon bébé avant d’envisager la suite. J’ai donc beaucoup misé sur la fréno. Et j’ai bien fait 😉.
Dès que ses freins ont été coupés, sa succion s’est améliorée, le jour-même. Je l’ai donc mis au sein, tout de suite. Le lendemain, je supprimais les biberons et lui donnais son lait en poudre au DAL au doigt. Les jours et les semaines d’après se sont déroulées sans encombre, avec des conseils et des ajustements donnés par Perle, qui prenait de mes nouvelles et répondait à mes questions, sans aucun jugement et toujours de manière bienveillante (et ultra rapide !!). Je n’avais pas le temps ni vraiment l’envie de me libérer du temps pour tirer mon lait afin de booster ma lactation, et j’ai fait confiance à mon bébé pour qu’il stimule tout seul.
Aujourd’hui mon bébé de 3 mois est allaité exclusivement au sein, et je remercie chaleureusement Perle et l’asso (je sais que certains conseils avaient été donnés après consultation auprès d’autres Lact’Aidantes !) pour leur soutien sans faille et super encourageant. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la légèreté que ça m’a apporté, Perle a toujours su trouver les mots pour retirer la gravité que je pouvais ressentir. Et puis, ses conseils ont été super perspicaces, étant donné le résultat 😉.
 
– Nous recommanderais tu, et pourquoi ?
Bref, je recommande l’asso les yeux fermés à toutes les futures mamans et les mamans allaitantes, qu’elles cherchent des infos, du soutien, une communauté (le groupe Facebook est top) ou tout simplement qu’une envie une peu folle – comme une relactation – leur prenne 😉.
Présente toi brièvement :

Bonjour je suis Sandra, 28 ans et maman d’une petite fille de 2 ans et demi et d’un petit garçon de 4 mois. À mon adolescence on m’a diagnostiqué des seins tubéreux (ou tubulaire) par un gynécologue spécialisé en Chirurgie mammaire. À ma grossesse de ma fille, j’ai fait des recherches sur l allaitement et je trouvais très peu de données sur la capacité ou non d’ allaiter en cas de malformation de ce genre, je savais juste que sur le peu de femmes  ne pouvant pas allaiter exclusivement cette malformation pouvait en être la cause car elle provoque une hypoplasie mammaire, un manque de production mammaire.

À la naissance de ma fille j’ai souhaité allaité nous avons partagé ensemble une super tétée d’ accueil. Le lendemain elle dormait beaucoup la journée et dans la nuit elle ne voulait être qu’au sein. La sage-femme m’a dit que je ne devait pas la laisser faire et lui a mis une tetine à la place de mon sein… le lendemain encore on m’a dit que sa prise de poids n’était pas suffisante et qu’il fallait completer avec du lait artificiel, bien sûr proposé en biberon… le surlendemain une sage-femme est venu nous examiner, prise au sein et déglutition de la petite, d’après elle vu ma poitrine jamais je ne pourrais allaiter exclusivement, de plus la petite s’est épuisée et n’arrivait plus à téter. Elle m’a fait augmenter les doses de lait artificiel en plus stimuler au tire-lait. J’ai pu par la suite rentrer à domicile avec un suivi. J’ai rencontré une conseillère en lactation IBCLC que 3 semaines après la naissance de ma fille :  candidose, crevasse, mauvaise prise au sein, confusion sein tétine, vasospasme, sein tubéreux je ne pourrais jamais allaiter exclusivement  ( encore une fois … ). Malgré la consultation  de plusieurs professionnels, pas un seul m’ a parlé de frein de langue et de lèvre.  Pourtant même au biberon le lait coulait partout. 

J’ai persévérée durant 4 mois mon allaitement mixte  tout en étant en dépression de mon échec, ne me sentant pas femme et maman complète, culpabilisant de ne pas être capable de nourrir ma fille et lui donner le meilleur pour elle… Lorsque j’ai arrêté cela a été un déchirement pour moi mais pas pour elle, étant en confusion  sein tétine depuis longtemps elle préférait déjà le biberon. 

Ce n’est que 2 ans après que j’ai arrêté de pleurer sur l’échec de mon allaitement…

Néanmoins toute cette expérience m’a permise d’apprendre énormément de choses sur l’ allaitement. Je me suis inscrite sur différents groupe facebook comme sur celui ci pour y chercher des conseils des astuces.

Comment as tu connu l’association et pourquoi y es tu venue?

2 ans et demi après, ayant eu le temps d’en apprendre d’ avantage encore je retombe enceinte.  J’ai mis en place différentes stratégies pour me donner un maximum de chance sur cet allaitement même si je savais qu’ avec mon hypoplasie je ne pourrais pas allaiter exclusivement. Autour de moi les professionnels me disent qu’ils ne comprennent pas pourquoi je ne pourrais pas allaiter exclusivement mais je n’y croyais déjà plus… j’avais deja pris contacte avec une sage-femme consultante  en lactation dans mon hôpital, prévu un accouchement naturel et me motiver à me battre mais aussi a savoir lâcher cette fois pour éviter de re-finir en dépression

Après mon accouchement la tétée d’accueil à durée les 2h accordées en salle d’ accouchement. Je venais de mettre au monde mon bébé naturellement et étais heureuse de le voir téter.

2 jours après même scénario, toujours en chute de poids, pas de montée de lait encore , bébé se réveille toutes les 3h tète mais peu de déglutition. La sage-femme consultante examine mon fils et me confirme des freins de levre et bouche et souhaite m’envoyer voir une consultante IBCLC pour confirmer son diagnostique. La consultante n’a été vue qu’au 3 semaines de bébé. Malgré une stratégie mis en place avec le tire lait pour booster ma lactation, j’arrive à en produire plus mais pas suffisamment. Au 1 mois de bébé il ne prenait  toujours pas suffisamment de poids, il venait tout juste d’atteindre son poids de naissance. Mais n’ ayant pas voulu complémenter au lait artificiel malgré les recommandations des soignants ( il urinait bien et était bien éveillé, tétée toutes les 3h jours et nuit ) j’ai contacté une maman qui allaitait sa petite de 2 ans et demi et qui a accepté de tirer son lait en plus pour mon fils. Cela a duré un mois, je complémentais au DAL et encore actuellement c’est toujours le cas mais avec du lait artificiel. La maman ne pouvait plus en tirer assez et n’ayant pas trouvé d’autres mamans pouvant m’en donner autant tous les jours j’ai été obligé de passer au LA. Au début chaque gorgée de LA était un déchirement pour moi puis petit à petit j’ai accepté  l’idée de le complémenter comme ca… Actuellement, il est au DAL avec du lait artificiel. Je complète environ la moitié d’une portion normale journalière. Il a eu une freinectomie de la langue et lèvre à ses 1 mois et demi, cela a permis d’améliorer un peu ma production mais il manque encore. La consultante a par ailleurs confirmé mes doutes sur les freins de ma plus grande. 

Pour moi l’ allaitement a été ma plus grande bataille et alors qu’ avant je le prenais pour un échec, aujourd’hui je me dis que même si je l’allaite en mixte tout ce que je pourrais lui donner sera un plus pour son bien être.

Y as-tu trouvé réponse à tes questions? Une aide, un soutien?

C’est pour des moments de doutes, d’hésitations, de besoin de soutien dans mon combat que j’ai de nouveau contacté l’ association. Je la recommande formellement, elle m’aide au quotidien en répondant à mes questions et en me soutenant. 

J’aimerais par ailleurs au vu de mon experience moi même apporter mon aide aux femmes allaitantes et former les professionnels sur l’ allaitement et les freins….

La conseillerais tu et si oui pour quelles raisons?

Je conseille cette association car il y a beaucoup de soutiens. De plus, les professionnels de l’association travaillent pour certains  d’entre eux ensemble ce qui permet un réel suivi.

1) Présentation générale

Je suis consultante en lactation IBCLC depuis maintenant 10 ans et également Conseillère en Fleurs de Bach agréée par la Fondation Bach. Après avoir travaillé plusieurs années dans la communication, j’ai ressenti le besoin impératif d’arrêter de « brasser de l’air » 😉  et de me tourner vers l’Humain. La rencontre avec mes enfants a été déterminante dans ce cheminement : ce sont eux mes premiers formateurs. Je serai également éternellement reconnaissante à la Leche League (LLL) pour ma formation en allaitement : un parcours riche en belles rencontres et en connaissances solides. C’est la passion (née de je ne sais où, je suis issue d’une famille nombreuse dans laquelle les femmes n’allaitent pas…) qui me guide et me pousse à agir : en 2015, avec la photographe Laura Boil, j’ai créé l’exposition photo (disponible au prêt) et le livre « A chacune son chemin pour un allaitement paisible ». En 2019 est publié l’album pour enfant « Il y a des jours… », illustré par Sandrine Crozes, qui traite du sujet de l’accueil d’un nouveau bébé dans une famille et des émotions vécues par l’enfant plus âgé. Il y est question de co-dodo, portage, allaitement… 

Vous pouvez retrouver ses livres et les infos pour l’exposition ICI.

2) En quoi consiste ton métier ?

Mon travail consiste à aider les mères à créer ce lien unique ave leur bébé, à les soutenir dans cet apprivoisement mutuel, à leur permettre d’être réellement informées sur la question et d’être ainsi en mesure de faire la part des choses entre ce qui est de l’ordre du mythe ou de la réalité… Je les accompagne sur leur propre chemin d’allaitement, tout au fil de sa durée. Les conjoints sont,  bien entendu, parties prenantes de cet accompagnement s’ils le souhaitent. Je propose des consultations individuelles en cabinet ou à domicile, des groupes de parole, des conférences, des formations.

3) Pourquoi as-tu décidé d’apporter ton aide à l’équipe ATUA? 

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » dit Paul Eluard. J’ai répondu présent un soir tard quand l’ancienne présidente d’ATUA a lancé un appel à l’aide sur Facebook pour une famille dont la bambine souffrait d’une grave cardiopathie, devait être greffée, et se battait avec des pédiatres qui souhaitaient le sevrage. J’ai été heureuse d’avoir été l’un des petits rouages qui a permis à cette famille de poursuivre son aventure lactée alors que la vie les malmenait terriblement.

4) En tant que pro de l’allaitement conseillerais tu l’association (particuliers et pro) et pourquoi?

Bien sûr que je parle d’ATUA aux parents !  Rien de tel que le soutien de mères à mères. Mais aussi parce que les Lact’aidantes bénéficient d’une réelle formation et d’un « marrainage » constructif qui favorise peu à peu leur autonomie pour être dans une relation d’aide bienveillante, efficace et respectueuse du désir de chacune.

Nous vous invitons à jeter un oeil à son site et son blog également. Merci Virginie pour ta confiance et ton partage!

1) Présente toi brièvement :

Je suis la maman d’un petit Noé âgé de 14mois et porteur de trisomie 21. Je suis enseignante, j’ai 33ans. Noé est mon 1e enfant et son handicap, découvert à la naissance, ainsi qu’un frein de langue diagnostiqué tardivement et des pathologies endocriniennes pour moi ont rendu le parcours d’allaitement parfois extrêmement difficile.

2) Comment as tu connu l’association et pourquoi y es-tu venue? 

Une amie me l’a conseillé à un moment où l’allaitement était déjà mis en place mais où Noé me mordait et j’avais une plaie très ouverte.

3) Y as tu trouvé réponse à tes questions? Une aide, un soutient? 

J’y ai trouvé des réponses à mes questions, même si je pense que je les aurais obtenues en cherchant par moi-même mais en perdant bien plus d’énergie. Par contre le soutien, les encouragements, la bienveillance et la disponibilité de Marina Lact’aidante ont été déterminants.

4) La conseillerai tu et si oui pour quelle raisons ?

Oui je la conseillerais et je l’ai déjà fait. Je trouve que l’allaitement n’est pas soutenu, que les mamans ne sont pas informées et que l’association pallie tout cela. Elle permet aussi d’échanger sur la parentalité liée à l’allaitement (cododo, portage, etc) qui, bien souvent, est très mal vue et critiquée par l’entourage. On n’ose donc ni se plaindre ni chercher conseil et soutien.

Peux tu te présenter ? Nous parler de ton cheminement jusqu’à aujourd’hui  ?

  • Je suis Docteur en Pharmacie depuis 1982, j’ai fait mes études à Strasbourg, où je suis né en 1957.
    Pendant mes études à la faculté de Pharmacie, j’ai suivi une heure de formation sur la nutrition infantile, ½ heure sur l’allaitement, ½ heure sur les préparations commerciales pour les nourrissons.
    Autrement dit : rien. C’est encore aujourd’hui le cas, mêmes si des heures ont été rajoutées, c’est toujours moitié-moitié. Moitié allaitement, moitié boites de lait. La situation est identique en médecine, dans les écoles de sages-femmes, le forum de fin d’études pour les pédiatres. Parfois ce sont même les agro-industries qui offrent le petits-fours, pour la « formation » continue.
    L’allaitement est réduit au lait, puis comparé aux substituts industriels qui appellent souvent la conclusion que ces produits imitent de façon presque parfaite le lait humain…
    Si l’on suit ce raisonnement, l’allaitement au sein et au biberon sont identiques.
  • Rien n’est plus faux que ce demi mensonge ou cette demie-vérité. Nous connaissons tous les risques du non allaitement, augmentation de la prévalence de l’asthme, de l’hypertension chez le bébé à l’âge adulte, et surtout une épidémie annoncée de diabète.
  • Nous vivons dans un monde où les professionnels de santé croient savoir ce que c’est l’allaitement, alors que nous n’avons que quelques aperçus parcellaires, vision troublée par les agro-industries.
  • Je commence à exercer ma profession en 1987, date de naissance de mon aîné. Le choix de mon épouse est d’allaiter, nous nous informons sur le peu d’ouvrages disponibles à cette époque. L’allaitement est une affaire d’initiées, de lignées de femmes qui ont toutes allaitées leurs enfants, avec plus ou moins de succès.
  • C’est le cas de mon épouse, où les mères allaitent depuis de nombreuses générations. Mon fils aîné est allaité. Nous rencontrons toutefois un problème, il est tout le temps en pleurs et très difficile à consoler, plusieurs semaines passent, toujours des pleurs. Lors d’un change, je soulève l’hypothèse que mon fils souffre d’une hernie inguinale, ce qui est terriblement douloureux. Le médecin de famille infirme. En effet l’hernie reste invisible lors des visites de suivi. Devant la détresse de mon épouse, qui vit avec un nourrisson perpétuellement en pleur, je reçois un appel de sa part : elle craque. Je passe au plan B ( le biberon avec du lait en boite ). Je plaque ma pharmacie, monte faire un biberon à « l’arrache » et le donne à mon fils. Cela le calme, momentanément. Ses douleurs continuent de le faire souffrir, jusqu’au jour où il est hospitalisé en urgence dans un service où la mère peut rester avec son bébé. C’est pour l’époque, un luxe qui n’est pas toujours accordé aux mères, encore aujourd’hui. Mon fils a été sevré pendant la période qui précédait l’opération. J’ai appris que donner du lait industriel au bébé allaité induisait un allaitement écourté. J’ai aussi appris que l’utilisation d’un biberon n’est pas, voire jamais une solution.
  • Pendant ce temps, je commercialise toujours des boites de lait, j’en vends jusqu’en 2016, date à laquelle je prends conscience que la vente de boites de lait signifie un échec collectif d’allaitement, dont j’ai ma part de responsabilité. Cette année le thème de la SMAM est « Protéger l’allaitement : une responsabilité partagée »
  • En 1989, mon deuxième fils sera plus chanceux, il sera allaité environ 4 mois.
  • En 1993, ma petite dernière sera la plus choyée, nous avons tout préparé pour que mon épouse puisse allaiter 2 ans. Peu avant le sevrage, j’entends ma bien-aimée me dire, qu’elle voulait que cela ne s’arrête jamais. C’est dit avec force et témoigne de son plaisir d’allaiter. Ses paroles d’alors résonnent toujours dans mes oreilles.
  • Pour ma part il existait 2 options : les mères qui avaient fait le choix d’allaiter, et celles qui préféraient le biberon. C’est à partir de 2004 que je commence à me positionner sur des questions essentielles. Comment se fait-il qu’autant de mères choisissent le biberon ? Comment se fait-il que si peu de mères allaitent ? Comment leur apporter soutien, réconfort, assurance, confiance en elles ? Comment inverser la tendance ?
  • Notre première acrion est de leur apporter un service de qualité avec du bon matériel. Peu de temps avant, ma chérie voit un nouvel appareil : le Symphony de Medela. En 2005 cet appareil est une révolution dans le monde du tire-lait : il est automatique, et bi-phasique. Une phase rapide pour imiter la succion rapide du bébé au sein, puis une phase plus lente au bout de quelques minutes pour l’expression lactée. Ce système est particulièrement séduisant pour les maternités qui voient un avantage majeur : pas besoin d’une sage-femme, ou d’une puéricultrice pour expliquer le fonctionnement. Un seul bouton à appuyer, simple, efficace.
  • En ce qui nous concerne, nous en avons acheté plusieurs centaines. Ce sont les utilisatrices, nous ont expliqué comment les utiliser au mieux. Par la suite, nous avons transmis ces informations aux mères qui venaient en louer. De proche en proche, nous sommes identifiés comme une ressource pour les mères, par les maternités, par les sages-femmes, des associations de soutien à l’allaitement, et enfin par les consultantes en lactation. Jusqu’en 2012, ce que nous savions de l’allaitement se résumait à conseiller le bon tire-lait, ensuite de bien expliquer son mode d’emploi, avec trucs et astuces.
  • Vers cette époque je commence à être invité aux SMAM Semaines mondiales de l’Allaitement, dans les rares maternités qui cherchent à promouvoir l’allaitement. Ce sont souvent des consultantes en lactation IBCLC qui participent, et organisent. Lors d’une de ces SMAM, je tiens un stand de tire-lait : je présente 4 modèles différents,  nous expliquons comment fonctionnent ces tire-lait, quels sont leurs avantages, quels sont leurs inconvénients. Je suis interpellé par une sage femme consultante IBCLC : « Quelle est votre formation en allaitement ? » je réponds : aucune autre, que l’écoute des mères qui viennent à la pharmacie. Je me sens remis en question. Entre 2013 et 2017, je suis plus de 600 heures de formation en allaitement, j’ai arrêté de compter aujourd’hui, cela n’a plus d’importance.
  • La plupart des formations sur l’allaitement sont des formations sur la physiopathologie de l’allaitement. Ce sont des formations nécessaires, mais elles ne servent pas à comprendre l’allaitement. Elles ont tendance à faire de l’allaitement un problème.
    Entre 2013 et 2015, la plupart des formations suivies font de l’allaitement un problème, et je reste le seul référent allaitement de la pharmacie, je suis mûr pour commencer à former mon équipe.
  • En 2015, je rencontre des personnes qui ont l’information qu’il existe une initiative calquée sur l’IHAB pour les pharmacies. J’ai la chance de suivre une de mes premières formations qui parle d’allaitement sans sombrer dans la physiopathologie, il s’agit de Magalie Bontemps consultante IBCLC qui propose une formation à l’accompagnement des mères ayant fait le choix d’allaiter.
  • Je participe  depuis aux journées nationales de l’allaitement JNA, aux journées régionales de l’allaitement JRA, aux journées internationales de l’allaitement JIA, et à la Breastfeeding Medicine Academy de Lisbonne. Je pends conscience des nombreuses impasses dans lesquelles se trouve l’accompagnement de l’allaitement en France.
  • En 2017, l’ensemble de mon équipe suit ces formations de qualité, l’ensemble de mes équipières devient compétent pour dialoguer avec les mères. Puis vient en 2017 une rencontre décisive : la formation de Suzanne Colson que j’ai suivi en 2018. Depuis 2015, j’ai l’intuition que le BN apporte un univers de solutions aux mères qui veulent allaiter, j’en parle comme d’une position d’allaitement.
  • En 2017, nous serons certifié Pharmacie Amie de l’Allaitement Maternel PHAAM, nous ne présentons plus aucune boite de lait, ni biberons, ni tétines conformément au code de commercialisation des substituts du lait biberons et tétines de l’OMS. Toutes les photographies des bébés sont au sein, aucune au biberon. L’ensemble de la Pharmacie suit les formations qui normalisent l’allaitement, protègent la confiance des mères.
  • En 2016, je rejoins le groupe de soutien des pères PAP’S, Papa Allaitement Partage et Soutien. Je suis convaincu que beaucoup de réussites de projets d’allaitement sont liées à l’investissement des pères. Nous ne naissons pas parents : nous le devenons.
  • Nous suivons tous une formation de Michel Odent Pramana Doula, qui nous éclaire sur ce qui se passe en maternité de nos jours, et ce que les mères qui accouchent à domicile, évitent. C’est pour la France un autre monde. Cela répond aussi à une de mes questions qui me taraude depuis 2007 : « Comment se fait-il que l’allaitement devienne si compliqué en France ? »
  • Puis vient fin 2017 une rencontre décisive : la formation de Suzanne Colson que j’ai suivie en 2018. Pendant cette formation j’apprends de nombreuses notions fondamentales supplémentaires : les réflexes archaïques du nouveau-né, le confort maternel, de bons appuis inclinés, les transitions des états de conscience du nourrisson. L’allaitement dépend de la pulsatilité d’ocytocine de la mère, des croisements des regards entre le bébé et sa mère, la compétence innée des mères pour l’allaitement qui est à respecter et encourager, etc…
  • En 2018, Suzanne se remet du deuil de son époux. Je l’accompagne dans son rétablissement, ainsi que dans la première traduction de la seconde édition de son livre, qui sera traduit une deuxième fois par la suite. « L’allaitement instinctif Biological Nurturing » qui vient de paraître. Nous organisons à mon domicile des formations BN, de nombreuses consultantes IBCLC se sont remises en question, Marc Pilliot est venu suivre cette formation, en même temps que ma future associée Monia Ayadi. Nous organisons ensemble plusieurs présentations publiques du BN pour Suzanne, des pharmacies PHAAM de mon côté.
  • En même temps, plusieurs associations de soutien à l’allaitement m’ont identifié comme personne ressource sur l’allaitement et les traitements médicamenteux. ATUA, Allaitement Tout Un Art me sollicite depuis quelques années. J’ai toujours répondu présent, en citant mes sources à chacune des demandes. Je suis également écoutant auprès de SOS Allaitement aux côtés de médecins, sages-femmes, consultantes IBCLC, puéricultrices.
  • Au sein de la CoFAM depuis 2017, je participe aux réunion du Conseil d’Administration, aux SMAM, aux JNA. J’ai notamment participé à une des consultations de Madame la députée Bérengère Polleti, pour son projet de loi « L’allaitement maternel : pour une meilleure sensibilisation et plus d’information ».
  • Suite à différents entretiens et participations en vidéo conférence, je suis progressivement retourné à mes questions de départ, d’écouter les mères, de comprendre leurs besoins. Nous en voyons environ 1.000 par an, toutes reconnaissent l’empathie que nous leur avons manifesté, du temps que nous leur avons accordé, de la pertinence des pistes proposées. Très souvent nous nous réjouissons de leur joie d’avoir réussi, au delà de leurs rêves, leur projet d’allaitement. Ce sont des bébés magnifiques, qui ont les joues bien musclées, qui sont confiants.
  • Pour ne pas conclure : je trouve des traces de l’amour universel dans l’accompagnement de l’amour maternel, la complicité amoureuse des parents, et dans le regard assuré des bébés allaités. Chacun de nous peut soutenir, et protéger l’allaitement.
  1. Présente toi brièvement (ton parcours)

Je m’appelle Vanessa, j’ai 43 ans et je vis actuellement à Valence dans la Drôme. Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu travailler dans le soin et auprès d’enfants. Je suis infirmière depuis 2001, j’ai travaillé en néonatologie, en maternité, en chirurgie polyvalente et en PMI et j’ai également occupé plusieurs postes de formatrice. J’ai 5 enfants de 20 ans  à 4 ans. Je les ai tous allaités. 5 allaitements très différents, avec des hauts et des bas qui m’ont donné envie d’approfondir mes connaissances tant à titre personnel que professionnel.En 2015, j’ai éprouvé le besoin de donner un autre sens à mon métier, j’ai donc fait la formation et passé la certification pour devenir consultante en lactation IBCLC. J’ai rectifié en 2020.

2. En quoi consiste ton métier (en quelques lignes)


Mon métier de consultante en lactation IBCLC est d’être une experte de la lactation, de la succion et de l’alimentation des bébés et d’offrir aux familles un espace chaleureux de soutien et d’information autour du projet d’alimentation de leur bébé. Parfois, il s’agit simplement de rassurer les mères sur leur capacité à nourrir leur enfant. Mon rôle est de les rassurer et de leur apporter l’information la plus juste, validée scientifiquement et à jour afin qu’elles puissent faire leur choix de façon éclairée, par exemple au sujet de la reprise du travail, du sevrage, du coallaitement …
La certification IBCLC est une garantie pour la famille d’avoir des informations complètes et à jour. Le plus souvent, j’accompagne des familles dans des situations très spécifiques pour lesquels une prise en charge d’un professionnel expert en allaitement en nécessaire ; il peut s’agir de douleur à la prise de sein, de mauvaise prise de poids du bébé, de trouble de la succion, d’allaitement d’un enfant présentant une particularité… Le rôle  de l’IBCLC est aussi d’organiser une collaboration avec d’autres professionnels qui vont participer à l’accompagnement des familles (kiné, ostéo, orthophoniste, ergotherapeute psychomotricien, psychologue, sage femme, pédiatre…).

3. Quel est ton rôle au sein de la CoFAM ?

Depuis le début de l’année, je partage la co-présidence de l’association avec Dominque Leyronnas. Mon rôle au sein de la CoFAM est de coordonner les actions des différents groupes de travail. Depuis 20 les missions de la CoFAM sont de soutenir les professionnels et les associations, de diffuser les recommandations en matière de santé publique et respect du code de commercialisation des substitus au lait maternel et d’impulser l’édition française de la SMAM (semaine mondiale de l’allaitement maternel)

Elle aura lieu cette année du 11 au 17 Octobre prochain, et nous sommes en train de finaliser l’envoi des packs SMAM. Ces packs, que nous envoyons à tous les adhérents, est destiné à leur servir de support pour l’organisation des événements qui auront lieu un peu partout en France à cette occasion. J’en profite pour vous rappeler qu’il est encore tout juste temps de vérifier que votre adhésion est à jour pour recevoir ce pack !


4. En tant que pro de l’allaitement conseillerais-tu l’association (particuliers et pro) et pourquoi?

Bien sûr je conseille souvent aux mères de se rapprocher des associations de soutien à l’allaitement en général et des lact’aidantes en particulier ! Le soutien par les pairs est reconnu comme étant un facteur de réussite de l’allaitement et d’épanouissement dans l’aventure de la parentalité. Le super travail de recherche, de rédaction d’articles et d’illustration permet de diffuser l’information de manière simple et attrayante, ainsi le site de l’asso est pour moi un outil précieux à diffuser aux familles. Au-delà de la consultation de lactation, le soutien associatif va permettre à la relation d’allaitement de s’inscrire dans la durée. Par ailleurs les bénévoles sont plutôt bien formées et vont repérer les situations qui nécessitent l’appui d’une IBCLC. C’est tout à fait complémentaire.