La relactation

La relactation est une grande aventure !
Patience, persévérance, bienveillance, soutien et accompagnement sont ses meilleurs alliés.


Qu’est-ce que la relactation ?

La relactation est le processus par lequel une mère relance sa production de lait après une baisse ou un arrêt plus ou moins long de sa lactation. Elle concerne également les mères qui n’ont pas allaité leur bébé à la naissance et qui souhaitent commencer à distance de leur accouchement.

La relactation est à différencier de la lactation induite qui concerne la production intentionnelle de lait chez une femme (qu’elle ait déjà été enceinte ou non). Cela peut être dans le cadre d’une adoption par exemple.
Il arrive cependant que certains auteurs utilisent le terme de lactation induite pour une femme qui stimule sa lactation à distance de sa grossesse.

Dans cet article, nous aborderons la relactation au sens d’une reprise de la lactation chez une mère après une baisse significative de celle-ci ou après un sevrage plus ou moins long de son allaitement.


Quelles situations peuvent mener à une relactation ?

Chaque histoire d’allaitement est unique, les raisons d’une relactation le sont tout autant.
Parfois, c’est le désir de renouer avec l’allaitement, après des difficultés ou des conseils inadaptés.
D’autres fois, le souhait d’allaiter n’est pas présent à la naissance du bébé mais les choix évoluent et l’envie arrive plus tard.
Des raisons médicales ou une séparation prolongée peuvent aussi impacter le projet d’allaitement d’une mère. Il arrive également que des bébés réagissent mal aux préparations pour nourrissons et que le lait maternel soit (ré)envisagé pour répondre à ce problème.
Quelle qu’en soit la raison, l’important est de soutenir la décision de la mère en l’accompagnant avec bienveillance.


Les motivations

Le désir de relacter peut être d’offrir à son bébé les bienfaits de l’allaitement, sur un plan nutritif et relationnel. Il peut représenter un moyen d’entretenir et préserver un lien affectif avec son bébé.
Peu importe les raisons, celles qui motivent une mère à relacter sont une véritable ressource. Avoir le soutien de son entourage aide également. Les stratégies mises en place pour relacter demandent du temps et impliquent parfois d’adapter l’organisation de la famille, le rythme de la journée ou encore la répartition des tâches quotidiennes. Cela étant dit, chaque parcours est différent, tout ce qui permettra à la mère de se sentir confiante, soutenue et encouragée augmentera ses chances de parvenir à ses objectifs.


Avant de commencer

Avant de se lancer dans une relactation, il peut être aidant de revisiter son histoire d’allaitement.
Être accompagnée par un professionnel qualifié et bienveillant, comme une consultante IBCLC, peut s’avérer très précieux. Ce suivi peut apporter un espace d’écoute, du soutien, des informations claires, aider à la mise en place de stratégies et évaluer leur efficacité. Une anamnèse est systématiquement proposée pour connaître l’histoire de la mère et son enfant, ses représentations, déceler les éventuelles difficultés qui ont entraîné l’arrêt de l’allaitement, définir son projet et ses objectifs. Par exemple, le souhait est-il d’avoir une relactation complète ou partielle ? Pour certaines mères, l’essentiel sera d’être en lien avec son bébé par les tétées, pour d’autres ce sera le fait de nourrir son enfant (partiellement ou totalement), parfois les deux seront importants.


Facteurs impliqués dans le relactation liés à l’enfant

Le désir de téter :
Si lors des premières mises au sein le bébé se met à téter, la relactation sera plus aisée. « Quoi qu’il en soit, de nombreux enfants doivent être aidés au moment de prendre le sein. Dans le cas d’une interruption totale de l’allaitement, Seema et al ont constaté que 74 % des enfants refusaient de téter dans un premier temps, principalement parce qu’éprouvant des difficultés à prendre le sein. Grâce à l’aide, nécessaire, d’un agent de santé qualifié, tous sauf un furent toutefois capables de recommencer puis de continuer à téter. » (1).
La présence de lait, produit par les seins ou en utilisant un DAL, peut encourager le bébé à téter.

L’âge de l’enfant :
Plus l’enfant est jeune, plus il y a de chances qu’il reprenne le sein facilement. Si l’enfant est plus grand, notamment s’il a l’habitude d’être nourri au biberon cela peut prendre plus de temps.
Cependant, l’âge n’est pas une raison suffisante pour renoncer à une relactation. Par exemple, dans une étude menée au Pérou, il est rapporté que des mères sont parvenues à relacter pour des enfants âgés de plus de 12 mois. (1)
Si l’enfant n’accepte pas le sein, les mères peuvent choisir de pratiquer un tire-allaitement sans tétées.

Alimentation pendant l’intervalle sans allaitement :
Plus cet intervalle est élevé, plus le bébé aura l’habitude de s’alimenter autrement qu’au sein. Il est important de créer des conditions favorables à l’allaitement comme le peau à peau, le portage, l’alimentation à la demande, même s’il n’y a pas de mises au sein.
Le (ré)apprentissage de la succion est possible en étant accompagné et soutenu par un professionnel qualifié. Dans le cas où l’enfant a été nourri avec un biberon, des études montrent qu’il est préférable de le remplacer par un autre contenant (tasse, cuillère, etc) pendant le processus de relactation.

Causes possibles de difficultés ou d’un refus de téter :
– Physiques ou anatomiques : freins buccaux, fente palatine, etc.
– Infections ou troubles de santé : par exemple, des troubles de la sphère ORL
– L’habitude du biberon : le débit au biberon est plus rapide et demande moins de participation du bébé qu’une tétée. La succion au biberon est également différente de celle au sein
– Facteur émotionnel ou psychologique : la cause ou le vécu de l’arrêt de l’allaitement peut impacter les mises au sein. Dans ce cas, il est possible de s’adresser à un professionnel spécialisé.
Prendre en compte ces difficultés rencontrées par le bébé offrira des conditions plus optimales pour la prise du sein.


Facteurs impliqués dans la relactation liés à la mère

L’anatomie des seins peut parfois présenter un défi : mamelons ombiliqués ou plats, une hypoplasie mammaire, antécédent chirurgical, etc. Un accompagnement est souvent nécessaire dans ce type de situations.

Certaines problématiques présentes par le passé (crevasses, engorgements, infections, etc) peuvent jouer dans la relactation.

Certaines pathologies telles que des troubles thyroïdiens ou un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peuvent également intervenir dans le processus de la lactation et nécessiter une prise en charge spécifique.

Le temps d’arrêt de l’allaitement : si le dernier drainage du sein est relativement récent la relactation sera plus rapide. A l’inverse, si de nombreuses semaines se sont écoulées depuis, la mère peut mettre du temps ou avoir des difficultés à retrouver une lactation complète.

Ces facteurs, qu’ils relèvent de la mère ou du bébé, doivent être pris en compte pour définir le projet et les objectifs de chaque mère.


Quel est le temps nécessaire à la relactation ?

Il est délicat de répondre à cette question, chaque parcours est unique.
Le temps nécessaire dépend de différents facteurs : la durée d’arrêt de l’allaitement, la fréquence des stimulations, la réponse hormonale du corps, mais également des facteurs extérieurs : le soutien reçu, le contexte émotionnel et la réalité du quotidien.

Certaines femmes retrouvent une production de lait après 4 à 6 semaines de stimulations régulières, parfois moins.

Bien qu’il soit tout à fait possible de retrouver une lactation complète, il arrive que certaines femmes obtiennent une lactation partielle. Par lactation partielle, on entend toutes les quantités possibles allant de quelques millilitres aux 750 ml (en moyenne) nécessaires au bébé par 24h.
Lorsque l’allaitement maternel ne couvre pas cette quantité, des compléments devront être donnés au bébé. C’est une situation difficile qui peut nécessiter du soutien.

Une chose est sûre, quelle que soit la quantité de lait maternel prise par le bébé, chaque goutte compte ! Il est unique et parfaitement adapté. Les facteurs protecteurs qu’il contient présentent un grand intérêt pour sa santé. Il protège, par exemple, contre les infections respiratoires, les otites ou encore l’obésité. Il présente également des avantages pour la mère qui allaite, par exemple, il diminue le risque de certains cancers et le diabète de type II.
Outre ces bénéfices, l’allaitement contribue à tisser un lien avec son bébé, se connecter, se découvrir et ce quelle que soit la quantité de lait qu’il boit.

Qu’il mène à l’objectif fixé ou non, chaque pas sur ce chemin a une valeur précieuse.


Vous avez décidé de vous lancer dans une relactation ? Place à la pratique !

Les « bonnes » stratégies sont celles qui vous conviennent. L’idée est de tester ce qui vous semble réalisable et compatible avec votre quotidien, le temps dont vous disposez et les objectifs que vous avez fixés.

Peu importe la recette, voici les ingrédients indispensables à la relactation :
✔ stimuler très fréquemment ses seins au moins 8 à 12 fois par 24h
✔ drainer ses seins, plus ils sont vidés plus ils produisent
✔ être en contact avec votre bébé le plus possible : peau à peau, portage, tous les moyens sont bons !

a) Stimuler et drainer

Pour relancer sa lactation, la stimulation des seins est une étape clé. L’objectif sera de mettre en place au moins 8 à 12 stimulations efficaces par 24h. Elles peuvent se faire de 3 manières qui, combinées, favorisent une relance plus efficace : les mises au sein, l’utilisation du tire-lait et l’expression manuelle.

Si la lactation a été complètement arrêtée, la production de lait ne sera pas immédiate, elle peut prendre du temps. Certaines mères stimulent quelques semaines avant de voir leurs seins produire à nouveau.
Chaque stimulation (que ce soit au sein, au tire-lait ou avec vos mains) signale au cerveau qu’il faut produire du lait. Gouttes de lait ou non, le corps travaille déjà pour que votre lactation se remette en place. Armez-vous de patience et rappelez-vous que chaque stimulation compte.

Ces messages envoyés lors des stimulations permettent la sécrétion des deux principales hormones en jeu dans l’allaitement : l’ocytocine et la prolactine. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter notre article Physiologie de la lactation.

Au sein :
L’essentiel est d’essayer et d’observer la réaction de votre bébé : Est-il intéressé ? Prend-il le sein en bouche ? Comment se positionne-t-il ? Une succion est-elle présente ?
Gardez un œil sur vos sensations physiques comme émotionnelles (confort, douleurs éventuelles, émotions, etc).
Si votre bébé est efficace au sein et souhaite téter, cela participera à la stimulation de vos seins. S’il s’énerve, s’impatiente de ne pas voir le lait arriver (ou pas assez) mieux vaut nourrir le bébé et continuer plus tard. Nous verrons plus bas comment nourrir un bébé tout en stimulant les seins. Chaque fois que le bébé a un besoin de succion, le sein peut lui être proposé, là encore c’est un message de plus envoyé à
votre cerveau.

Au tire-lait :
Que le bébé accepte le sein ou non, la plupart des mères auront besoin d’utiliser un tire-lait. L’idéal est de le choisir électrique de “qualité hospitalière”, de l’utiliser en double recueil et avec des téterelles adaptées à la taille des mamelons (voir l’article Tire lait modalités).
Il sera nécessaire de conserver au minimum un tirage la nuit voire plusieurs. Une longue période sans drainage ni stimulation peut ralentir la lactation. Entre 1 et 5h du matin, on observe un pic physiologique de la prolactine, il peut être intéressant d’effectuer un tirage dans cet intervalle.

Tout ce qui allégera votre quotidien et facilitera votre organisation sera d’une grande aide, voici quelques idées :
– un peu d’huile de coco sur la téterelle ou sur le sein afin de limiter les frottements permet de rendre les tirages plus confortables (la taille est à vérifier en cas d’inconfort ou de douleur)
– une brassière d’allaitement maintient les téterelles en place et libère vos mains
– un deuxième kit de tirage permet de faire un roulement : vous avez plus de temps pour nettoyer le premier utilisé
– pour la gestion du kit entre les tirages, vous avez deux options :

1. A température ambiante (si <27°C) : vous pouvez tout laisser en place pendant 4 à 6h avant le nettoyage du kit ou son remplacement.
2. Au réfrigérateur : placez le kit dans une boîte ou un sachet fermé entre les tirages, il peut être conservé ainsi pendant 24h avant d’être nettoyé ou remplacé.
Les téterelles froides sont gênantes ? Vous pouvez mixer les deux options : 4 à 6h à température ambiante pour les téterelles et pour le reste du kit 24h maximum au réfrigérateur.

Un mot sur le « Power Pumping » :
Cette technique peut être une stratégie intéressante. Elle vise à reproduire les jours de pointe du bébé.
Le tire-lait est placé dans une pièce de la maison où vous passez très régulièrement pour y penser facilement. L’objectif est d’effectuer le plus possible de tirages sur la journée (10 minimum), pendant de 5 à 10 minutes, espacés d’au moins 45 minutes les uns des autres. La durée importe moins que la fréquence des stimulations !
Les effets s’observent généralement 2 à 3 jours après la réalisation de cette technique.

L’expression manuelle :
Bien réalisée et avec de la pratique, elle est aussi efficace qu’un tire-lait en simple recueil.
Lorsque la lactation a diminué mais que le bébé tète fréquemment et efficacement le sein, elle peut remplacer le tire-lait. Dans le cas contraire, ou si l’arrêt de l’allaitement a été important, elle viendra s’ajouter en complément du tire-lait électrique en double recueil.
Les travaux du Dr Jane Morton, ont mis en évidence le bénéfice de masser ses seins et commencer par une expression manuelle avant d’utiliser le tire-lait. Lorsque le lait est sécrété à nouveau, elle peut aussi être utilisée après la séance de tire-lait pour augmenter le drainage du sein.
L’expression manuelle permet également un contact physique qui favorise la sécrétion d’ocytocine.

Le massage des seins, la chaleur, la détente, les techniques de visualisation, etc. favorisent la production de lait et constituent des moyens dont vous pouvez vous saisir en fonction de vos envies.

b) Être en contact étroit avec votre bébé

Le peau à peau augmente la sécrétion d’ocytocine et diminue les hormones du stress. Le fait de porter son bébé et de l’avoir contre soi crée des conditions optimales pour relacter. Pratiquer le co-dodo (en respectant les règles de sécurité) est également un moyen de rester proche de son bébé de jour comme de nuit.


Quelle place pour les galactogènes ?

Les galactogènes ou galactagogues, sont des médicaments ou autres substances qui favoriseraient la production de lait maternel. A l’heure actuelle, leur efficacité n’est pas scientifiquement prouvée (de même que leur innocuité). Cela étant dit, certaines mères observent des effets positifs lorsqu’elles en consomment. Ils sont donc couramment utilisés dans le cadre d’un allaitement.

Les médicaments :
La Dompéridone peut être proposée dans le cadre d’une relactation. Ce médicament est un antiémétique, il a pour effet secondaire d’augmenter la lactation. Lorsqu’il est prescrit dans ce but, il est utilisé en dehors de son Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).
Comme tout médicament, il présente des effets indésirables et des risques. Il est donc indispensable qu’un médecin vérifie l’absence de contre-indications avant son utilisation et assure un suivi par la suite.

Les plantes :
De nombreuses plantes sont utilisées comme galactogènes : le fenugrec, le chardon-marie, le galéga, l’avoine, le pissenlit, le millet, les algues, l’anis, le basilic, le chardon béni, la guimauve, les feuilles de moringa, le shatavari, le torbangun et d’autres encore.
Elles peuvent entraîner des effets indésirables (allergies, toxicité, problèmes digestifs, etc), comme pour les médicaments, un avis médical avant consommation est vivement recommandé.
Les sites e-lactancia et LactMed disposent de données sur un certain nombre de plantes ou compléments.


Que faire si votre bébé ne prend pas le sein ?

Voici quelques pistes à explorer :

– veiller à ce que les mises au sein soit un moment plaisant
– proposer le sein lorsque le bébé est somnolent ou en sommeil léger (plus facile si vous êtes en peau à peau ou portage), cela favorise souvent les comportements innés au sein
– allaiter en berçant, en marchant ou se promenant
– se détendre avec son bébé, prendre un bain avec lui (selon son âge et en sécurité)
– proposer le sein lorsque le bébé est calme
– si les seins en produisent, exprimer manuellement du lait avant la mise au sein pour que le bébé soit récompensé plus vite de ses efforts
– si le bébé a une succion efficace, utiliser un DAL au sein, le bébé est complémenté en tétant
– pour un bébé plus grand, lire des livres ou fréquenter des mères qui allaitent pour qu’il s’y familiarise.

Si les difficultés sont liées à l’habitude du biberon :

– Essayer un autre contenant lorsque cela est possible (tasse, gobelet, cuillère chez un tout petit, etc)
– Utiliser une tétine de faible débit
– Donner le biberon à l’horizontal (ou “paced bottle feeding”) : le bébé est en position relevée ou semi-assise, le biberon est à l’horizontal, des pauses très régulières sont pratiquées


Nourrir votre bébé pendant la relactation

Pendant la période de relactation, le bébé continuera à recevoir une alimentation adaptée et suffisante pour couvrir ses besoins. Plus la lactation augmentera plus la quantité de compléments diminuera.

Les besoins nutritionnels du bébé restent relativement stables jusqu’à la diversification alimentaire :

– le premier mois, en moyenne 150ml de lait/kg/24h.
– entre 1 et 6 mois, en moyenne 750ml de lait par 24h (avec de grandes variations individuelles).

Ces quantités sont ensuite réparties sur 24h en fonction du nombre de tétées propres à chaque bébé mais généralement situé entre 8 et 14 en moyenne.
Les données suivantes sont des estimations. Elles ne rendent pas compte du volume exact que doit prendre un bébé puisqu’il varie en fonction de la teneur calorique du lait, l’appétit du bébé et sa capacité à réguler lui-même ses apports.

Il est possible de complémenter un bébé tout en stimulant les seins. Le DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation) peut-être intéressant à mettre en place. Ce sujet est abordé en détail dans notre article DAL ou DAL de fortune.

N’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel qualifié en allaitement, pour évaluer la quantité de compléments à donner lorsque votre lactation reprendra progressivement.


Vérifier que votre bébé prend suffisamment de lait

Un bébé qui boit suffisamment de lait remplit au moins 6 couches bien mouillées par 24h (d’environ 60g).

Le nombre de selles varie d’un bébé à l’autre, notamment à partir du premier mois. Leur aspect, en revanche, peut indiquer qu’il prend de plus en plus de lait maternel, elles seront alors molles ou liquides avec des grumeaux d’une couleur jaune or ou moutarde.

Les déglutitions au sein sont également un élément qui témoignent de la présence et du transfert efficace de lait.

Les pesées permettent de surveiller la prise de poids, plus il est petit, plus elles sont régulières. Elles sont à réaliser dans les mêmes conditions et sur la même balance, tous les 3 à 5 jours au début, puis au moins une fois par semaine.
Les 3 premiers mois, un bébé allaité prend en moyenne 25 à 35 g/jour. Les mois suivants, la prise de poids quotidienne diminue légèrement, elle devient moins importante au fur et à mesure que le bébé grandit.
Les courbes de croissance de l’OMS sont une référence pour évaluer la croissance des bébés allaités.
On s’attend à ce que la courbe suive le même couloir, soit harmonieuse, sans cassure ni changement brusque.


Quels sont les effets d’une relactation ?

Outre la production de lait, des modifications peuvent apparaître en raison de la relactation.

Cycles menstruels : une relactation peut suspendre ou perturber le cycle menstruel. Un retour à une situation proche des semaines suivant l’accouchement est possible. Ces variations sont dépendantes de la stimulation ainsi que la sensibilité hormonale de chaque femme.

Modification des seins : des modifications peuvent survenir : des aréoles plus foncées, des seins sensibles, volumineux, plus tendus, chauds ou lourds (surtout les premiers temps). Ces changements sont naturels et témoignent de la reprise d’activité des glandes mammaires.

Modification de l’humeur : la relactation s’accompagne d’une augmentation de certaines hormones, comme la prolactine et l’ocytocine. Ces hormones, essentielles à la lactation, peuvent aussi influencer l’humeur en apportant une sensation de calme, de proximité avec le bébé, mais parfois aussi une certaine émotivité, de l’anxiété ou de la fatigue. Par ailleurs, on observe souvent une diminution des œstrogènes et de la progestérone, ce qui peut également jouer sur l’état émotionnel et physique.


Le mot de la fin

Dans les pays où la culture de l’allaitement est très présente, la relactation est souvent une réussite. Se faire confiance, s’informer et être accompagnée constituent une grande aide pour atteindre vos objectifs.

Louise Moinet, pour l’Allaitement Tout Un Art.

Sources :
– (1) La relactation : Connaissances acquises et recommandations relatives à cette pratique. OMS. 2000.
– Beaudry M, Chiasson S, Lauzière J. Biologie de l’allaitement : le sein, le lait, le geste. Presses de l’Université du Québec. 2006.
– UNICEF UK Baby Friendly Initiative. Responsive feeding : Supporting close and loving relationships. 2016.
– Hübl N, Hasmann J, Riebold B, Kaufmann N, Seidl R. Effect of feeding in elevated side-lying and paced bottlefeeding on swallow-breathe coordination in healthy preterm infants – First results. Early Human Development. 2024.
– Suzanne Colson – L’allaitement instinctif, Biological Nurturing. 2021.
– ABM Clinical Protocol 9 : Use of Galactogogues in Initiating or Augmenting Maternal Milk Production, Second Revision 2018
– Les Dossier d’Allaitement n°139 – Intérêt du DAL pour le don de suppléments : méta-analyse. 2018.
– Allaiter Aujourd’hui n°116 – Relactation et Lactation induite. 2018.
– Fiches du réseau Naître et Grandir en Languedoc Roussillon. Expression manuelle et tire-lait. 2013.
– L’allaitement maternel – Rapport de juin 2024. HCSP.
– https://www.who.int/tools/child-growth-standards/standards/weight-for-age